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13/04/06 .
Etienne
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471 mots . 53 vues . Une journée par semaine
Je vais l'avoir !
Hé oui, après quelques mois de patience, il semble que ma direction (bien-aimée) est prête à m'accorder de passer à 4 jours de travail par semaine -avec, bien sur, une réduction de salaire en proportion-.
Vous vous interrogez sans doute sur ce qui peut motiver un type normalement constitué à sacrifier 20 % de son salaire ?
- En premier lieu, il y a tout simplement le plaisir de ne pas aller bosser. Même si j'aime bien ma boite qui reste quand même quelque peu atypique au milieu de cette folie capitaliste et libérale (comprendre : ses dirigeants ont un autre but que celui d'accumuler toujours plus de profit au mépris complet de l'état de cette planète) et la très grande partie des gens qui y travaillent, je préfère de très loin prendre le temps de me lever, de déjeuner, de lire, de bloguer, de troller, de me promener (pas trop vite), d'écouter et de regarder vivre les gens qui m'entourent. Une application pratique et concrète du droit à la paresse revendiqué par Paul Lafargue.
- Deuxièmement, je vais vous révéler un truc incroyable. Je n'ai pas besoin de ce boulot pour vivre Suis-je à la tête d'une confortable fortune ? Non (enfin, du point de vue de l'occidental moyen, mais c'est un autre sujet sur lequel je reviendrai une autre fois). Ma conjointe gagne très bien sa vie ? Pas trop mal (un peu plus de 2000 euros nets par mois) mais ça n'est pas exceptionnel pour une diplômée de l'enseignement supérieur qui a plus de 20 ans de métier derrière elle. Hé bien, en considérant les économies que je ferai en n'allant pas travailler (pas de seconde voiture, pas de restaurant le midi, moins d'impôt sur le revenu), le revenu de ma très chère blonde nous suffirait pour vivre agréablement sans grande restriction sur notre train de vie. Mais là aussi, j'y reviendrai une autre fois. Dans ce cas, pourquoi ne pas travailler du tout ? On en reparlera...
- Troisièmement, en bon gauchiste de base, je crois dur comme fer à cette théorie dévaluée et allégrement massacrée qu'est le partage du travail. Dans mon équipe, nous sommes deux à travailler quatre jours par semaine. C'est suffisant, mathématiquement, pour dégager des ressources pour faire travailler quelqu'un (un intérimaire, un indépendant, un prestataire..) pendant quelques mois par an.
- Quatrièmement, j'ai depuis longtemps envie de m'investir dans des activités bénévoles. Mais étant un flemmard de première catégorie, qui aime aller au lit tôt -pas forcément pour dormir, mais vous n'en saurez pas plus que ça pour aujourd'hui-, je n'ai jamais réussi à m'investir correctement. Cette journée devrait me le permettre.
10:12:56
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09/04/06 .
Etienne
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303 mots . 58 vues . Libéralisme, mon amour
L'homme est bon pour l'homme
Je reviens du Sénégal où j'ai passé quelque temps chez des amis sénégalais.
Au Sénégal, on croise fréquemment des gamins, souvent très jeunes, sales et dépenaillés, munis d'une énorme boite de conserve vide qui leur sert à recueillir des dons en nature, souvent du riz -base de l'alimentation là-bas-. Ces enfants s'appellent des talibé, je vous renvoie à l'article qui suit pour comprendre ce dont il s'agit.
L'enfant a donc pour mission de mendier s'il veut manger. Accessoirement, il doit aussi mendier de l'argent et ramener à son mentor une somme, certes dérisoire, mais difficile à obtenir. S'il ne ramène pas cette somme, il est dument rossé, meilleure façon de lui enseigner à remplir ses objectifs. Non mais.
Donc, notre petit talibé erre toute la journée, se fait allègrement tabasser par ses compères dès qu'il réussit à obtenir une petite pièce. En échange de quoi, il reçoit -parfois- quelques éléments d'éducation coranique.
Personne ne proteste. S'attaquer aux religieux musulmans qui encouragent cette pratique serait une erreur monumentale et aucun gouvernement ne s'y risquerait.
Quel rapport avec le titre de cette rubrique, me direz-vous ? Et bien, nous sommes ici en présence d'une expression tout à fait pratique du libéralisme en tant que philosophie. Un contrat librement signé entre les parents et le mentor. Bien sur, le gouvernement ne finance pas de fonctionnaires pour la protection de l'enfance, appliquant par là-même le bon vieux principe libéral "...chacun serait libre de mener sa vie comme bon lui semble, sans être taxé ou opprimé par je ne sais quelle agence de sécurité nationale".
Accessoirement, je vous laisse imaginer quels hommes deviendront ces enfants. Après un passage à Harvard ou à HEC, ils deviendront de parfaits managers.