22:16:17
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30/01/07 .
l.sage
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952 mots . 115 vues Considérations personnelles sur le monde, . Mes écrits
Réflexions devant un verre d'absinthe
Qui écouter? Raison ou sentiments? Peut-on penser avec son cœur? Peut-on aimer avec son cerveau?
Il est des jours où dont on aimerait que ce fussent des nuits. Il est des nuits où l'on aimerait dormir. Les nuits sans sommeil que je vis loin de toute présence me sont lourdes à supporter. Sans rien d'autre à faire, je me retrouve alors à penser. Penser, repenser, ressasser, et ressasser encore les même idées, les même réflexions, et toujours, irrémédiablement, arriver aux même conclusions, au même voies sans issues.
"Aucun cœur n'a jamais souffert alors qu'il était à la poursuite de ses rêves", dit Paolo Coehlo dans le livre "l'alchimiste". C'est faux. J'ai poursuivi un rêve auquel mon coeur croyait, j'ai tout donné pour ça. Pourtant mon rêve m'a quitté. Un matin, elle est partie, laissant un grand vide dans ma vie, me laissant me débrouiller alors que j'avais tout misé sur elle, alors que plus rien d'autre ne comptait plus qu'elle, même pas moi.
Je me suis reconstruit, je me suis relevé, je me suis repris en main. Mais où tout cela m'a-t-il mené? A avoir peur. Peur de mes sentiments, peur d'aimer de nouveau, peur d'être de nouveau quitté, peur d'être de nouveau seul, peur d'être seul, peur de la solitude, peur de mon ombre, peur de moi, peur de la peur, peur de tout.
Plus j'ai peur et moins j'avance. Moins j'avance et plus j'ai peur. Tous les endroits sont trop grands pour moi tout seul, et trop petits car j'y étouffe sans pouvoir m'exprimer. J'aimerais m'en sortir, j'aimerais qu'on m'aide, j'aimerais qu'on m'aime. Ô oui, avoir quelqu'un à mes côtés, quelqu'un qui croit en moi, qui me soutienne, qui me pousse. Suis-je donc à ce point une larve que je ne puis avancer par moi-même? Serais-je déjà sénile au point d'avoir besoin d'une canne pour soutenir mes pas? Ne serait-ce pas une solution de facilité pour ne pas avoir à prendre de décisions moi-même? La prise de décision me fait paniquer, par peur de faire le mauvais choix. Vaut-il mieux risquer un peu pour avoir mieux que ce l'on a au risque de tout perdre, ou bien au contraire savoir se satisfaire des conditions dans lesquelles on se trouve?
Le risque ou la sécurité? J'aime jouer avec le feu mais j'aime pas me brûler, comme dit la chanson...
La passion ou la raison? Le ciel ou l'enfer? Déchiré entre ces deux choix, je tremble, j'hésite, j'avance puis me rétracte aussitôt. Dois-je me lancer vers celle que mon coeur aime, qui pourrait me faire oublier le passé, mais qui pourrait aussi me le faire revivre. Ou bien dois-je aller vers celle que ma raison me pousserait à choisir parce que des arguments logiques montrent qu'elle serait la meilleure personne dans mon intérêt? Une femme choisie par la raison n'est certes pas valorisante pour l'ego mais un gage de fidélité. Mais cela signifierait dire adieu à la passion et à l'idée d'amour sublime. A l'inverse, une femme aimante, passionnée et attentionnée est la promesse de joies de chaque jour, jusqu'au jour où la passion décroît, le rêve touche à sa fin, et le cauchemar commence...
Lentement, au même rythme que l'alcool que je bois se dissout dans mon sang, la lumière se fait dans mon esprit, la solution commence à poindre dans mon esprit torturé. La solution médiane, celle qui permet de satisfaire les deux aspects de ma personnalité: celui à la recherche de la passion et celui à la recherche de la sécurité. La lumière se fait, tout doucement. Docteur Jekyl prend la main de Mister Hide, pour marcher ensemble. Le ying et le yang s'unissent, la femme cérébrale et la femme passionnée cohabitent. Il ne peut s'agir de la seule et même personne, alors pourquoi ne pas les choisir les deux? Pourquoi ne pas prendre pour épouse légitime aux yeux de tout le monde la femme réfléchie, celle qui permettra de briller en société, celle que l'on sera heureux de montrer à ses amis, la femme fidèle et dévouée symbole de réussite sociale, et de prendre pour maîtresse la femme aimante, passionnée, à l'amour fougueux et peut-être fugace! Celle à qui l'on dira des "je t'aime" passionnés, à qui l'on enverra des fleurs, à qui l'on offrira des bijoux mais qui finira par partir à force de rester dans l'ombre, et en même temps celle vers qui l'on pourra se tourner afin de ne jamais être seul, celle qui remplira le quotidien, la vie de tous les jours, le lit conjugal.
Mais il se fait tard, et déjà l'atrocité de mes pensées commence à me dégoûter. Déjà je commence à voir qu'aimer deux femmes à moitié ne veut pas dire vivre deux vies, mais n'en vivre aucune pleinement, par aveu de défaite, par abandon d'amour propre. Que ce soit celle que l'on trompe ou celle avec qui l'on trompe, on se trompe soi-même avant tout, cherchant à masquer sa propre incapacité à être heureux, et en n'accordant le bonheur à aucune de ces deux femmes par la même occasion.
La nuit est bien tombée, maintenant. Mon verre est vide. Mon esprit aussi. Et mes yeux pleins de larmes. Je me déçois, je me dégoûte, je me déteste. Comment ai-je pu penser ainsi? Comment ai-je pu tomber aussi bas? Comment en suis-je arrivé là? Je suis las.
J'ai sommeil, je vais dormir. Mal. Un peu. Mais dormir tout de même.
22:09:39
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28/01/07 .
l.sage
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451 mots . 50 vues Considérations personnelles sur le monde, . Mes écrits
Amour, amour
L'amour est une bête sauvage.
Elle m'a trouvé un jour, elle s'est intéressée à moi, elle s'est blottie contre moi, elle m'a enlacé. Elle m'a attiré dans son repaire, puis délicatement, elle a déposé un baiser dans mon cou, et je le lui ai rendu. Je l'ai aimée, je lui fait l'amour avec passion, je me suis entièrement mis à nu, je me suis offert, en signe de soumission, pour lui montrer que j'acceptais sa présence, que j'acceptais tout, que je la voulais comme égal à moi-même.
Mais son côté animal et sauvage a un jour pris le dessus, elle a mordu la main qui la nourissait. Elle m'a mordu et griffé jusqu'au sang, et elle m'a laissé là, gisant inerte, incompréhensif et abandonné des miens. J'ai eu du mal à me relever de ce coup brutal et inatendu. Plusieurs jours, j'errrais dans la lande, dans un état de brouillard permanent. Je marchais, insensible au temps qu'il faisait et au temps qui passait, me nourrissant de ce que je pouvais trouver sur mon passage.
Je finis par reprendre vigueur, par marcher de nouveau la tête haute, tentant d'oublier le passé. Mais le passé nous rattrape vite.
Au détour d'un chemin, je la retrouvai, mais aujourd'hui, je me demande si ce ,
n'était pas plutôt elle qui me cherchait: elle était là, bête sauvage à moitié endormie, pouvant à peine marcher, puis elle se laissa tomber sur le flanc, en piteux état. Elle me regarda, d'un regard douloureux et implorant, sans bouger.
Doucement, méfiant, je m'approchai... C'était bien elle, je la reconnaissai, je me rappelai sa chaleur, ses gestes, mon bonheur à ses côtés...
Doucement, je me suis approché, essayant de la jauger tout en étant plein d'espoir. Elle me laissa m'approcher. J'ai même réussi à carresser son pelage, à sentir son odeur, à sentir son souffle sur ma main. Mon dieu que j'étais bien à ses côtés. Il a suffit d'un instant d'inatention, d'un instant sans la regarder en face pour qu'elle tende sa gueule vers ma main et qu'elle me morde une nouvelle fois.
Une morsure brutale, vive, d'un coup, le regard chargé de haine et de satisfaction à la fois. Le plaisir animal de voir le faible tomber deux fois de suite dans le même piège, le plaisir de la proie qui échappe à son prédateur et ressort vainqueur grâce à sa ruse et à sa vilénie. Je pense même l'avoir entendue rire...
Amour, amour, pourquoi te courent-ils donc ainsi tous après alors qu'ils savent que tu es le pire des animaux sauvages?
*texte librement inspiré de la chanson "Amour, amour" de Rammstein*
12:09:46
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25/06/06 .
l.sage
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1323 mots . 37 vues . Mes écrits
L'adieu à Siobann (4)
Chap 8
Et puis j’ai commencé à avoir du mal à ressentir cet état de chose. L’envoûtement marchait moins bien, ou ne marchait plus. Les photos ne suffisaient plus, l’encens n’était plus en surdose, le souvenir de mes mains gantées de noir sur ta peau blanche commençait à s’estomper au point que je ne savais plus si je l’avais vraiment fait ou juste rêvé. Ta tombe était pourtant là pour me rappeler que mon geste avait été bien réel. C’était tout ce qui me restait concrètement de toi. J’avais mis fin à tes jours en août, et en décembre, je me suis rendu sur ta tombe tous les jours, négligeant ma famille pour les fêtes.
Il m’arrivait de rester plusieurs heures à tes côtés, puisque peu de personnes visitent ces lieux à cette époque de l’année consacrée aux rires et à la fête. Quand je réussissais à en trouver, je venais déposer une rose dans un petit pot au pied de ta pierre. J’étais le seul à décorer ta tombe, peut-être le seul à ne pas t’avoir oublié. Sotte que tu avais été : ton nouveau flirt n’était pas venu longtemps, et si tu avais réalisé plus tôt que j’étais le seul à t’aimer réellement, tu aurais pu éviter tout ça. Pourquoi avais-tu été incapable de comprendre avant que nous étions faits l’un pour l’autre ?
Chap 9
Pourquoi est-ce que je t’en voulais encore ? Après tout, nous étions sensés ne faire qu’un maintenant. Tu t’éloignais à nouveau de moi, j’avais besoin de te retrouver encore et encore, mais cette fois-ci il me fallait quelque chose de plus tangible que de simples photos, de plus matériel qu’un souvenir sans cesse diminuant.
En mars, en pleine nuit, sous une pluie battante, je me suis rendu dans ton cimetière. J’ai découpé le cadenas qui gardait l’entrée grâce à une pince coupante de garagiste, et je me suis rendu devant ta tombe. Eclairé par une lampe torche, à l’aide d’un pied de biche, je me suis mis à la recherche de ce qui me manquait tant : toi, ta beauté, ton corps ! La pierre tombale a bougé, elle failli retomber dans la fosse, mais je la fis basculer vers l’extérieur. Le bois de ton cercueil était verdâtre et commençait à pourrir dans cet espace confiné. La pluie qui tombait facilita encore plus la manœuvre que j’exécutai alors : je coinçai une extrémité du pied de biche sous le rebord du cercueil et tirai de toutes mes forces pour le faire sauter. Le couvercle se souleva, et je ne pus retenir un haut-le-cœur en te voyant. Ton corps avait pourri, ta chair s’était détachée de tes os, seuls quelques uns présentaient encore des traces de chair séchée, tes viscères n’était qu’un amas informe de fluides asséchés et l’odeur était nauséabonde, mais le pire de tout était ton visage, ton magnifique visage, dont il ne restait qu’un crâne. Tes orbites étaient vides, tes yeux gris-vert ne luisaient plus à leur place, ta bouche fine et délicate n’était qu’un rictus dévoilant complètement ta dentition. Mais… mais oui, c’était un rictus, un sourire. Tu me souriais. Tu me regardais en souriant. Oh mon amour, ainsi tu me reconnaissais, ainsi tu me pardonnais en m’offrant ce sourire, ton sourire. Tu avais saisi la beauté de mon acte, n’est-ce pas, et tu attendais là, sous terre, que je vienne te retrouver pour m’exprimer ta gratitude.
J’étais heureux, je t’avais retrouvée. Je voulus te prendre la main, mais tes os s’effritèrent lorsque je les saisi. Tu retombais en te désintégrant comme du papier trop vieux. Plus j’essayais de te retenir, et plus tu retombais. Je me rendis alors compte du fait que tout le fond de ton cercueil était recouvert de poussière, de restes desséchés de ce qui avait été toi, de toi, de ton enveloppe charnelle. Je ne sentais plus l’odeur, et je me suis alors allongé à tes cotés, comme avant, je t’ai enlacée, je me suis déshabillé et je me suis roulé dans ce cercueil avec toi, broyant certains de tes os sous mon poids, m’enivrant une nouvelle fois de ton corps, de nos corps mêlés. Je te sentais partout sur moi, tous ces fragments de toi qui collaient sur ma peau mouillée étaient un bonheur formidable. Ton crâne reposait à côté de ma figure, je me suis tourné vers lui et je t’ai embrassée sur le front, l’arrête du nez, la joue la bouche, je t’ai léché la base des oreilles, comme tu l’appréciais tant. J’étais bien, heureux, en paix, avec toi de nouveau. C’est dans cet état second, comme après t’avoir fait l’amour, que je me suis endormi.
C’est comme ça qu’ils m’ont trouvé le lendemain matin.
Chap 10
Des policiers. Des ambulanciers. Des journalistes. Des photographes. Des gens, plein de gens. On m’a sorti de ta tombe contre mon gré, j’avais beau crier que je ne voulais pas que l’on me sépare de toi, ils ne m’ont pas écouté. Je m’accrochais à ton crâne, mais on me l’a enlevé des mains. On m’a immobilisé pour m’administrer une piqûre de calmants puis mis dans une ambulance sous une couverture et conduit dans un hôpital que je ne connaissais pas. J’étais nu et on m’a jeté dans une douche pour me nettoyer. Je me suis recroquevillé dans un coin en position fœtale : je ne voulais pas que l’on me nettoie, je ne voulais pas que l’on soit séparés encore plus, je voulais que tu restes collée contre mon corps à jamais, mais je n’avais plus assez de forces pour réagir. Je ne pouvais que pleurer. Il me manipulaient, me savonnaient, et je n’étais qu’une poupée de chiffon dans leurs mains.
Ils m’ont mis dans une chambre, attaché sur un lit, soi-disant pour mon bien. Des gens sont venus, m’ont posé des questions : des docteurs, des psychiatres, des policiers, un avocat, mes parents, tes parents. Je n’ai rien répondu de sensé à aucun d’entre eux. J’ai passé plusieurs mois dans cet état de choc, de manque de toi. J’étais incapable de structurer mes pensées.
Puis j’ai eu le droit de me joindre aux autres patients, dans un pavillon de traitement de groupe. J’étais comme un zombie, je mangeais et je buvais mais par automatisme. J’ai aussi signé des papiers. J’ai été déclaré mentalement irresponsable de mes actes par un tribunal et condamné à un internement psychiatrique. J’ai encore signé d’autres papiers, afin que l’on m’interdise les visites. Je voulais voir le moins de monde possible. Tout ces gens c’était du passé, et je voulais revenir un peu dans le présent, revenir de chez les fous.
Une seule personne a droit à des réponses de ma part : mon docteur. Elle s’intéresse a mon cas depuis près d’un an, je pense, avec beaucoup d’attention, pour sa thèse de psychiatrie. Je pense que la façon dont je t’ai aimée l’a touchée. C’est drôle, quand j’y pense, elle a les même yeux gris-verts que toi, et je crois que je suis en train d’en tomber amoureux… fou.
12:10:08
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24/06/06 .
l.sage
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1032 mots . 52 vues . Mes écrits
L'adieu à Siobann (3)
Chap 5
J’appris officiellement ta mort par ta meilleure amie, qui savait que nous étions proches. Tes parents m’on aussi envoyé un faire-part de décès, à la réception duquel je me suis empressé de me rendre chez eux afin de partager leur chagrin. Nous avons parlé de tous ces instants passés ensembles, de ta joie de vivre quand tu étais encore avec moi, de la façon dont ton regard s’illuminait quand tu me regardais. J’ai beaucoup pleuré, des larmes sincères , des larmes de bonheur, à l’évocation de ces instants de bonheur, me disant que désormais ces instants seraient éternellement gravés dans ma mémoire, et juste partagés avec toi.
De façon plus terre à terre, ils m’apprirent aussi que la police ne savait rien de l’identité du meurtrier, de celui qui t’avait étranglée à ton retour du travail. Ils essayaient de faire des liens avec d’autres affaires irrésolues, mais sans succès.
Je me rendis à ton enterrement, j’étais assis sur le banc juste derrière ta famille. Il y avait beaucoup de nos amis dans cette église en plus des membres de ta famille, quelques inconnus aussi, et peut-être même ton nouveau soupirant, celui que tu avais du voir une fois. Il s’en remettrait vite : après tout, il ne savait rien de toi et ne te connaissait pas.
J’ai jeté une rose blanche sur ton cercueil avant que la dalle ne soit refermée, et j’ai vu au regard de tes parents qu’ils comprenaient la force de mon amour pour toi, même décédée.
Le lendemain, je les ai retrouvés en pleurs devant ta tombe. On a encore parlé de toi mais cette fois, seule ta mère a pleuré. J’ai échangé une accolade avec ton père et je suis retourné chez moi.
Le surlendemain, une lettre de police m’invitait à me présenter au commissariat quelques jours plus tard.
Chap 6
J’ai paniqué, j’ai pris peur. Pourquoi me convoquaient-ils, qu’attendaient-ils de moi, qu’avaient-ils découvert, quelle trace avais-je pu laissé ?
Qu’est-ce que je risquais, quelle était la peine maximale encourue, était-ce la prison à vie ?
J’ai mal dormi cette nuit là, pour la première fois, comme si je réalisais à cet instant seulement les conséquences que mon acte pouvait avoir sur moi.
Je ne regrettais pas mon geste, non, car désormais tu m’accompagnais à chaque instant, tu existais par delà la mort à travers ma pensée. Partout où j’allais, je te voyais, je nous voyais. Chaque endroit où nous avions été ensembles, chaque parole que tu avais prononcé, chaque geste que tu avais fait, tout cela était gravé à jamais dans mon esprit, dans la matière, par delà les rêves.
Mais la société ne comprendrait jamais mon geste, la justice me jugerait coupable de meurtre avec préméditation, la beauté de mon acte ne leur apparaîtrait jamais, il ne pourraient jamais voir ton apaisement au moment où mes mains serraient ton cou, jamais cet instant ne serait partagé avec quiconque : je resterais toujours le seul à te posséder.
Chap 7
J’ai bu un verre de vodka avant de me rendre au commissariat, et après les questions d’usage sur nos liens ou plutôt sur notre séparation récente, ils m’ont avoué qu’ils n’avaient pas avancé dans leurs investigations et qu’ils cherchaient à savoir si des personnes avaient des raisons de t’en vouloir ou si tu avais des habitudes de vie dangereuses, quels milieux tu fréquentais et d’autres questions dans le genre.
J’ai pleuré en parlant de toi, mon témoignage a du leur paraître d’autant plus sincère, mais c’étaient surtout mes nerfs qui se relâchaient. Je leur ai raconté notre vie, nos 3 ans de bonheur, nos joies, et puis ma peine à ton départ mais le fait que j’avais tourné la page tout doucement, mais que ta mort m’amenait à faire mon second deuil de toi.
Peut-être aurais-je du suivre des cours de théâtre, car je les ai totalement roulés dans la farine. L’amoureux transi qui souffrait doublement de ta perte, quel personnage ! Aucun lien, aucun rapprochement avec ma peine véritable, et mon bonheur réel.
Rentré chez moi, j’ai remis ta photo sur ma table de chevet. J’ai tapissé ma chambre de photos de nous : elle deviendrait ainsi ton sanctuaire. Notre bonheur éclatait sur chaque cliché, tu m’entourais. Que tu étais belle, avec moi pour toujours, sous la lumière de quelques bougies. Devant mon armoire, sur un cintre, j’avais déposé ma gabardine, celle que je portais le jour où j’ai figé ton amour pour moi, et de la poche droite, mes gants dépassaient. J’étais allongé sur mon lit et je m’enivrais de toi. J’avais allumé de l’encens, ton préféré, celui que tu achetais tous les ans dans cette boutique dans le sud, et ma tête commençais à tourner de par son odeur dans cet espace clos. Sous mon dos, je sentais le lit où nous avions si souvent fait l’amour, et ton image était partout autour de moi, dans la lumière vacillante des bougies. Tu étais là, je pouvais te sentir en moi, nous ne faisions qu’un ! Toutes les images se sont mélangées petit à petit, commençant à tourner autour de moi. Je m’enivrais de nous. Je pense m’être évanoui, tellement ce plaisir était puissant, tellement cette osmose entre nous était forte. J’avais joui dans mes vêtements sans m’en rendre compte ni même me toucher.
Plusieurs fois, j’ai connu ce type de réaction en m’abandonnant à toi, dans ce sanctuaire. J’en ressortais vidé de toute ma substance, de toute ma force. Je me donnais complètement à toi, encore plus que de ton vivant. Ton esprit, ton âme, toi, tu étais là dans ces moments là, j’en suis persuadé.
12:11:31
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23/06/06 .
l.sage
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1303 mots . 39 vues . Mes écrits
L'adieu à Siobann (2)
Chap 3
Sombrer ? J’étais loin d’avoir touché le fond, en fait. Alors que je commençais à voir chez toi les signes qui me montraient que tu appréciais de nouveau ma compagnie, tu m’as achevé. Mon anéantissement, ma mise à mort morale n’a eu lieu que cinq mois après cette vie en demi-teinte. Tu avais rencontré quelqu’un, tu avais un rendez-vous avec lui.
Non.
Non. Ce n’était pas possible. Quand j’ai su ça, mon estomac s’est noué. Ce n’était pas possible. Pas imaginable. Pas maintenant, pas déjà, pas si tôt. Comment pouvais-tu penser à quelqu’un d’autre alors que moi je ne pensais qu’à toi ?
Malgré la pluie, je suis sorti de chez moi tel un fou, j’ai claqué la porte et j’ai couru droit devant moi. J’ai frappé un réverbère, donné des coups de poings sur les murs, crié ton nom, pleuré ma détresse et vomi de la bile.
J’étais trempé, les passants ne comprenaient pas ce que je pouvais faire dehors sans parapluie, mais devinaient mes larmes. Et tout le monde continuait de vivre sa vie, immuable. Pourquoi le monde tournait-il ainsi ? Pourquoi étais-je le seul à vivre un drame, à être incompris ? Quelle était ma place dans cette société ? Pourquoi devais-je continuer à y jouer mon rôle, si tu n’étais plus là pour m’y guider ?
J’ai peu mangé les jours suivants. Mon travail en pris un coup, mes habits sales s’empilaient dans la corbeille, et je ne répondais plus au téléphone.
Que me restait-il à faire ? Me suicider ? Oui, je l’ai envisagé, mais j’avais peur de la mort. Et puis ça ne l’aurait pas empêché de sortir avec toi, de te prendre par la main, de recevoir les sourires que tu lui destinerais, ni d’embrasser tes lèvres. Toi, si pure, tu allais être souillée par lui, salie. Je ne pouvais pas l’accepter, ô non. Tu méritais quelqu’un qui te comprenne comme je le faisais, quelqu’un qui te connaisse aussi bien que moi pour lire entre tes mots, deviner tes attentes sans que tu les exprimes et aller au devant de tes rêves. Après trois ans, j’étais le seul à te comprendre, n’importe quel autre devrait tout reprendre depuis le début.
Lui, l’autre, le non-moi. C’était lui le problème à ce moment là. Devais-je l’éliminer d’une façon morale en m’immisçant dans votre rendez-vous puis dans vos activités, ou bien d’une façon physique en l’affrontant directement. Devais-je aller jusqu’à le faire disparaître totalement, afin que tu ne sois plus tentée de le voir ? Bien vite, je me suis rendu compte du fait que si je faisais cela, ça ne t’empêcherais pas d’en rencontrer un autre, et tout serait à refaire.
Te kidnapper, tel le fantôme de l’opéra retenant la cantatrice afin qu’elle ne chante que pour lui, allait éveiller trop de soupçons. On te rechercherait, on m’interrogerait. Non, cette solution là non plus n’était pas valable.
Je devais donc trouver une façon pour que tu n’appartiennes qu’à moi, qu’aucun autre ne puisse jouir de ta personne, de tes attentions ou de ton souvenir. Il fallait que tu sois mienne à jamais, car je ne pouvais tolérer de te perdre, pas après ce que nous avions vécus. Tu étais à moi, tu étais tout pour moi, jamais plus tu ne devais en connaître un autre. Moi, je savais que je ne pouvais donner mon amour à personne d’autre. Toi, mon amour, je devais te lier à moi de façon éternelle, je devais être le seul à pouvoir me targuer d’être celui qui avait eu ton amour, être celui qui t’avais eue.
C’est alors que l’illumination se fit : l’acte par lequel j’atteindrais l’osmose avec toi m’apparu dans toute sa splendeur. J’allais figer ton image, ta jeunesse et ta pensée telles qu’elles étaient aujourd’hui : de mes mains, j’allais t’offrir la beauté éternelle et partager avec toi ces instants d’éternité.
Chap 4
Je t’ai vue garer ta voiture pas loin de chez tes parents, rentrant du travail sans la moindre idée de ce qui t’attendait. Tu souriais : peut-être savais-tu après tout que tu allais pouvoir te reposer bientôt, loin de toutes les turpitudes de la vie.
Je m’étais préparé, habillé pour cette occasion : j’avais mis ma gabardine noire cintrée, j’avais attaché mes cheveux en queue de cheval un peu lâche, j’avais mes petites lunettes noires ainsi que mes gants noirs.
Je me suis approché de toi, calme, détendu, impassible. Tu semblais à la fois un peu étonnée et heureuse de me voir, souriante, avenante, mais je me devais d’être fort. Je voulais mener mes plans à bien. Tu as ouvert la porte de ta voiture, tu m’as salué, je me suis penché vers toi pour te faire la bise, mais en même temps que mes lèvres touchaient ta peau d’une infinie douceur, mes mains se posèrent autour de ton cou et commencèrent à se resserrer. Tu m’as demander d’aller doucement, de ne pas te serrer autant, ne comprenant pas mon geste. J’ai éloigné mon visage du tien, je t’ai regardée les yeux emplis d’amour : que tu étais belle, innocente, totalement dans l’incompréhension de ce qui se passait. Tu ne comprenais pas, et je continuais à serrer, de plus en plus fort. Tu voulais parler, mais tu n’y arrivais plus, et je pense que c’est là que tu pris conscience de ta mort prochaine. J’ai serré plus fort, car tu te débattais, tu me giflais, me frappais. A ce moment, j’ai vu des marques violettes se former sur ton cou, comme une ombre au tableau, un imprévu qui allait altérer ta beauté, j’ai donc relâché légèrement mon étreinte espérant tout de même t’arracher ton dernier soupir ainsi, mais au contraire, tu repris de la vigueur et réussis à me décocher un coup de genou. Je réalisai alors que tu m’échappais une seconde fois. Mon étreinte se fit plus forte, la marque violette revint sur ton cou, mais ton corps mollissait sous mes doigts, tu te débattais de moins en moins, ton visage devenait pâle, magnifique, d’une pureté incomparable. Tes yeux fixaient un point à l’infini que toi seule pouvait voir : quelles merveilles se déroulaient alors devant tes yeux, quelles visions étaient les tiennes, quelles illusions le manque d’oxygène créait-il dans ton cerveau ? Jamais je ne le saurai mais tu offrais un spectacle de sérénité absolue quand ton corps resta sans vie sur ton siège.
Je suis resté quelques minutes à te contempler, à imprégner mon esprit de ton image. Ma belle enfant, tu semblais dormir si paisiblement. J’aimais tellement te regarder dormir, et là je savais que c’était pour toujours, et que tu t’étais endormie à mes côtés.
J’ai refermé la portière, et je suis rentré chez moi. J’étais heureux, reposé, soulagé. Tu ne serais jamais à un autre. Je mis de la musique, de la grande musique, le grand Mozart ! Je pris un verre de vieux cognac, et je m’installai dans mon fauteuil savourant cet instant, me remémorant la scène que nous venions de vivre. Pour la première fois depuis notre séparation, je me sentais bien.
12:10:00
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22/06/06 .
l.sage
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810 mots . 38 vues . Mes écrits
L'adieu à Siobann (1)
Cette nouvelle est ma plus personnelle. Je vous rassure, personne, à part moi, n'a été blessé durant son écriture. Il ne s'agit que d'une métaphore, un adieu psychologique d'une esprit tourmenté à un esprit tourmenteur... Voici donc mon oeuvre majeure à ce jour: "l'adieu à Siobann"!
Chap 1
Tu étais une jeune fille magnifique, et un peu timide. Tu m’as plu tout de suite, par ton côté espiègle et ta façon de ne pas chercher à t’imposer. Rarement, j’avais rencontré une personne aussi sensible, et tu as su me toucher lors de nos premières discussions en tête à tête. En plus d’être tous les deux sur la même longueur d’onde musicalement, nous avons trouvé un certain réconfort et finalement notre double dans l’autre.
Tu m’as toujours fait craquer, avec ton visage d’ange, tes yeux gris-vert et tes petites tâches de rousseur. Rieuse, joyeuse, et épanouie, tu savais te faire apprécier de tout le monde.
Comment avais-je pu vivre sans toi ? Je pense justement que je ne vivais pas avant toi, et que tu m’as permis de naître au monde qui m’entourait depuis toutes ces années. Tu étais ma joie, ma motivation, bref ma raison de vivre.
Jamais je n’avais connu de fille auparavant, et tu fus ma première expérience, à 24 ans. Tu as su m’apprendre comment t’aimer, comment vivre à deux et comment te faire l’amour. J’avais toujours rêvé de la relation idyllique, mais tu m’as apporté bien plus encore. Toujours délicate, attentionnée et prête à rendre service, jamais je n’ai eu quoi que ce soit à te reprocher.
Nos parents s’étaient rencontrés plusieurs fois et avec eux aussi, les relations étaient sans problèmes.
Notre bonheur fut parfait, pendant trois ans. Pendant trois ans seulement.
Chap 2
En ce jour de janvier, tu m’as appris que plus rien n’allait pour toi dans ta relation avec moi. Etait-ce du à ta situation professionnelle, à la rencontre d’un autre, à la fin de la passion ? Je n’en su jamais rien. Tu t’étais totalement fermée, incapable de mettre des mots sur ce qui manquait à ta vie, et tu n’étais capable que de répéter que notre relation ne t’apportait plus rien et que tu voulais partir. Que tu allais partir, et me quitter. Tu voulais retourner chez tes parents, reprendre un nouveau départ. Qu’avais-je fait de mal ? Ne t’avais-je pas donné tout ce que j’avais ? Quels signes m’avais-tu donnés de ton malheur ? Quand avais-je eu la chance de corriger le tir ? Ces questions restèrent sans réponse. Jamais je n’eu l’occasion de me justifier, de comprendre, de tout reprendre à zéro. Tu es partie, et c’était tout. Tu ne t’es jamais ouvertement plainte, tu as feint d’être bien, et moi je n’ai rien vu venir car mon amour me rendait aveugle. Puis tu m’as laissé, je me suis retrouvé seul. Abandonné. Désespéré.
Tu as compris le vide que tu laisserais dans ma vie, mais tu as quand même pris la décision de partir. Cette décision était certainement très dure à prendre à ce moment là, et c’est ce qui me donne une idée de ton malheur, de ton désespoir. Mais ce n’était rien par rapport à la déroute dans laquelle je me trouvais alors. Nous sommes restés en contact, car tu n’es pas du genre à partir en claquant la porte, en coupant les ponts. Je te l’ai déjà dit, tu es quelqu’un de très gentil et d’attentionné. Ca m’a fait du bien : je pouvais te revoir, te téléphoner, t’écrire.
J’étais heureux de ces instants, je les attendait avec impatience. Les dernières minutes avant de te revoir m’étaient insoutenables. J’étais excité, anxieux, joyeux, impatient. Pendant ces instants, je revivais, les choses avaient à nouveau du goût, je comprenais que j’existais. Tu avais quelques fois des gestes maladroits malgré toi, restes des trois ans passés à mes côtés. S’embrasser sur le joue, sans se toucher, était la première étape. Puis en plus s’appeler « mon amour » ou « mon ange ». Enfin ne pas se blottir l’un contre l’autre. Et ne plus partager notre intimité. Autant d’épreuves, de douleurs plaisantes qui me rappelaient combien nous avions été heureux ensembles.
Je savais que je pourrais peut-être te reconquérir, que la force de l’habitude et la douleur de la solitude pourrait peut-être te ramener vers moi. Même à distance, nous aurions pu reconstruire quelque chose, comme avant. Avant les larmes, avant la solitude, avant que je sombre.
12:13:24
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21/06/06 .
l.sage
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694 mots . 31 vues . Mes écrits
Le tueur à la plume (3)
Chap. VII
Tania et Loïc avaient déjà lu les scénarios de toutes les catégories, sauf de la section conte d’horreur. Le téléchargement était en cours. Lorsqu’il fut fini, ni l’un ni l’autre ne purent en croire leurs yeux : des personnes avaient proposé des scénarios qui étaient la description exacte des meurtres perpétrés dans leur ville les jours auparavant. Pire encore, d’autres scénarios attendaient là, attendant que le tueur les fasse passer du papier à la réalité. Le suivant relatait l’histoire d’un boulanger brûlé dans son propre four. Tania était épouvantée , et elle se jeta contre Loïc pour ne plus voir l’écran. Il éteignit le PC et la serra contre lui. Elle ne cessait de dire :
_Comment est-ce possible ? C’est horrible !
_Oui, mais je crois que grâce à cette découverte, on va pouvoir empêcher que les meurtres suivants soient commis.
_Comment ça ?
_Et bien les textes ont été écrits par des personnes différentes ; ce n’est donc pas le tueur qui relate ses méfaits. Par contre, le tueur s’inspire de ces écrits, c’est donc qu’il a piraté le site, comme moi. Et il doit y retourner souvent, pour avoir les dernières propositions…
_C’est horrible !
_Oui, mais on peu le repérer lors de sa prochaine connexion ! Enfin, avec le matériel suffisant. Mais je crains ne pas être équipé pour suivre un appel téléphonique. Il faudrait un matériel plus important.
_La police doit être équipée pour ça ! Il faut que nous allions les trouver !
_Oui, mais demain matin. Pour l’instant, tu es toute bouleversée, et tu as besoin de repos.
_Oh non ! Je ne pourrait jamais dormir seule chez moi en sachant tout ça !
_Et bien… Euh… Tu n’as qu’à rester ici ?
_Oh oui !
Et elle l’embrassa langoureusement…
Chap. VIII
Garraty venait d’arriver au bureau, quand on lui remit un rapport suite à un appel tôt le matin même : la femme d’un boulanger avait retrouvé son mari carbonisé dans le four lorsqu’elle s’était rendue au magasin pour l’ouverture. Ce meurtrier à la plume d’oie commençait vraiment à être une insulte pour la police, car l’enquête piétinait lamentablement. A cet instant, l’agent de service à l’entrée du poste de police frappa à la porte :
_Excusez moi, mais j’ai deux jeunes gens qui prétendent connaître un moyen d’arrêter le tueur en série dont vous vous occupez.
_Eh bien voyons ! Comme si des gosses pouvaient m’apprendre mon travail !
_Ils disent que le prochain meurtre sera perpétré dans une boulangerie…
_Bon sang ! Faites les entrer immédiatement ! Comment peuvent-ils être au courant ? Nous n’avons même pas encore les journalistes sur le dos à propos de cette histoire !
Tania et Loïc furent présentés à l’inspecteur Garraty, à qui ils expliquèrent leur macabre découverte. Il confirma leurs doutes en leur parlant de l’assassinat du boulanger. Aussitôt, Garraty téléphona à la police scientifique, afin de « surveiller » le site du concours littéraire, et promit à Loïc de fermer les yeux sur son piratage illégal pour cette fois ci.
Grâce à ses moyens sophistiqués, la police scientifique réussi à découvrir que le tueur piratait le serveur du concours par un ordinateur en libre service à la bibliothèque. Comme chaque utilisateur inscrivait son numéro d’abonné au début de chaque utilisation, on trouva rapidement l’identité du meurtrier : c’était un perdant du dernier concours littéraire via l’Internet qui voulait se venger. Il voulait épuiser tous les scénarios, et finir en beauté par son propre scénario : marquer de toutes les lettres de l’alphabet avec un fer rouge la jeune pigiste du journal local.
Je sais que la fin est un peu téléscopée, et qu'on la voit venir depuis longtemps. Elle mériterait plus de développements, afin que ca ne finisse pas en queue de poisson...
12:12:02
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20/06/06 .
l.sage
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924 mots . 35 vues . Mes écrits
Le tueur à la plume (2)
Chap. IV
Et de deux ! L’inspecteur Garraty commençait à craindre la tournure que prenaient les événements. En effet, on venait juste de retrouver un deuxième cadavre mutilé accompagné d’une plume d’oie. Cette fois-ci, le mort était une morte : une femme forte à qui on avait attaché les mains et les pieds aux montants d’un lit avant de lui ouvrir le ventre avec un couteau de boucherie. Les viscères avaient été disposées consciencieusement tout autour du lit, et la plume d’oie avait été scotchée au dessus du lit, là ou l’on trouve plus couramment un crucifix.
Comme pour le premier meurtre, Garraty n’avait rien trouvé de plus. Et apparemment il n’y avait aucun lien entre les victimes. Si un débile c’était mis dans l’idée de mutiler toute la population de la ville, il avait intérêt à avoir de l’imagination vu le nombre d’habitants encore vivants ! Garraty avait fait mettre sous surveillance tous les détraqués connus des services de police, au cas où on aurait la chance de prendre sur le fait le prochain meurtre, car il était certain que le tueur ne s’arrêterait pas là, au contraire…
Chap. V
Tania avait déjà remarqué cette annonce plusieurs fois dans le journal :
« Si vous écrivez, vous nous intéressez !
Nous recherchons actuellement des scénarios pour des séries télévisées.
Si vous êtes intéressé, faites votre choix parmi les sujets proposés sur http://www.abprod.com.
Lecture et choix des œuvres le 24 mai.»
Mais elle n’avait pas d’ordinateur pour y répondre. Pourtant, elle était tentée de participer car elle avait déjà participé à des concours de nouvelles, où elle avait fini première et troisième. En fait, même si écrire des scénarios est totalement différent d’écrire des nouvelles de quelques pages, elle avait trouvé là un moyen de se rapprocher de son voisin si distant.
C’est pourquoi elle guette son arrivée avec impatience depuis près d’une demi-heure. Enfin, il rentre dans la cour intérieure : elle se précipite dans la cage d’escalier et manque de le renverser alors qu’elle jaillit du hall de son immeuble :
_Oups ! Pardon, mais je voulais te voir pour te demander si éventuellement tu pouvais me rendre un service…
_Ah ? Et bien si c’est possible, pas de problème.
_Voilà, je voudrais participer à un concours de scénarios, mais il se fait exclusivement par l’Internet, et je me demandais si tu avais un moyen d’y accéder.
_Bien sûr ! J’ai un modem chez moi. Tu n’as qu’à passer quand tu as 5 minutes.
_Et bien merci. Justement, là je n’ai d’autre à faire, alors si ça ne te dérange pas…
_Pas de problème !
Elle le suit donc dans l’escalier. Son studio est encore plus petit que celui de Tania, et Loïc (puisqu’il lui a dit sur le pas de la porte qu’il s’appelle comme ça) l’a entièrement organisé autour de son imposant PC. Comme il n’a qu’une chaise, ils sont obligés de s’asseoir sur le lit, mais comme il le lui fait remarqué, il n’a que rarement de visite. Une fois la connexion établie, ils découvrent que les organisateurs du concours l’ont divisé en différentes catégories : histoires d’amour, séries policières, programmes jeunesse et conte d’horreur.
_Tu participerais dans quelle catégorie ?
_Je ne sais pas trop. Ca dépend du niveau ! Quel dommage que l’on ne puisse pas voir les récits déjà proposés. Enfin, j’ai jusqu’au 24 mai pour y réfléchir.
_Ce n’est pas très légal, mais je pense que ce serveur n’est pas très protégé, et il doit être facile de hacker son contenu ! Si tu veux, je peux rechercher les scénarios déjà déposés.
_C’est vrai ? Tu risques rien ?
_On verra bien…
Chap. VI
Cette nuit là, un boulanger se leva pour travailler. Depuis l’arrière boutique, il fut surpris d’entendre quelqu’un frapper à la porte du magasin. Lorsqu’il ouvrit la porte, il reçu un grand coup sur la tête, et s’évanouit. L’agresseur le traîna à l’intérieur de la boulangerie. Au passage, il ingurgita quelques pâtisseries, puis se dirigea vers le fournil. Là, il ouvrit le four, et il y déposa le corps du boulanger innocent. Puis il referma la lourde porte du four, et tourna le thermostat afin de démarrer le chauffage. Sous la douleur, le boulanger revint à lui. Il frappa à la porte du four, suppliant son bourreau de le laisser sortir. Mais celui-ci restait de marbre face à ses supplications, pire : il augmenta encore un peu la température du four, tout en regardant le boulanger droit dans les yeux par la petite vitre qui permettait de surveiller le pain, avec un plaisir non dissimulé. Soudain, les vêtements du martyr prirent feu, et il fut brûlé vif. Le tueur veilla tout de même à baisser légèrement la température, afin que les os ne soient pas brûlés, et que le squelette reste bien visible dans le four. Puis il posa une plume d’oie sur la poignée du four encore chaud.
12:17:13
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19/06/06 .
l.sage
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961 mots . 36 vues . Mes écrits
Le tueur à la plume (1)
Une autre nouvelle, pleine de suspense, d'amour, d'action...
Chap. I
« C’est idéal comme appartement ! »
Elle s’appelle Tania. Elle vient d’emménager dans cet immeuble. Avant, elle habitait dans une chambre d’étudiante en lettres. Mais maintenant qu’elle a ce travail de pigiste au journal local, elle a décidé de partir de chez ses parents. Bien sûr, ce n’est qu’un petit logement de 20m² mais cela lui suffit, d’autant plus qu’elle n’a pas les moyens de s’offrir quelque chose d’autre. Situé pas très loin du centre ville, il a pour seul inconvénient d’être mal isolé des bruits de la rue, notamment des camions de livraison qui passent tôt le matin. Mais à part ça, rien n’est à redire : l’appartement est ensoleillé une bonne partie de la matinée, et l’unique fenêtre donne sur une petite cour intérieure commune à plusieurs immeubles.
Habitant seule, Tania a vite pris l’habitude d’observer par cette fenêtre les allées et venues des différents locataires. Un des locataires retient un peu plus son attention depuis quelque temps : c’est un jeune homme qui doit avoir le même âge qu’elle et qui passe tous les soirs par la petite cour pour rentrer chez lui. Il n’a pas l’air très causant, on dirait presque qu’il court pour rentrer chez lui et il prend à peine le temps de vérifier sa boîte aux lettres. Puis il monte chez lui, au 2ème étage. Là, il allume la lumière, pose ses commissions quand il en a, allume son ordinateur et ferme ses volets. Tania se dit que ça doit être un maniaque, car il effectue ce petit rituel tous les jours, exactement à la même heure. Pourtant, quelque chose d’indéfinissable la pousse à l’observer chaque jour.
Chap. II
_ L’homme a été retrouvé hier, nu et bâillonné, attaché à un arbre au fond d’un bois. Auparavant, on lui avait arraché les ongles et coupé la langue.
_C’est dégueulasse ! Y’a vraiment des types tordus !
_Comme vous dites, inspecteur. Mais j’ai remarqué qu’à chaque fois qu’il avait une mort un peu tordue, c’était vous qu’on mettait sur le coup.
_Ouais. Faut croire que j’aime ça. A part ça, toubib, qu’est ce que l’autopsie a donné comme renseignement supplémentaire ?
_Et bien le type qui lui a fait ça n’a pas opéré avec des instruments stérilisés, vu l’infection de la bouche. Le mec avait les pieds et les poings liés, vu les marques sur ses chevilles et sur ses poignets. Sinon, il n’y a pas trace d’absorption d’alcool ou de drogue. Pas plus que de calmants ou de quoi que ce soit pour apaiser la douleur. La mort est due au froid et au manque de nourriture. Vous savez, ce type là a bien souffert avant d’y rester !
_Vous m’en donnez des frissons ! Putain, on se croirait dans un film américain à la con !
_Dernière petite chose : il y avait une plume de plantée devant lui, dans la terre. Je l’ai fait examiner, et c’est une plume d’oie. A part ça, elle est tout à fait normale.
_OK, merci toubib.
Peu de temps après cette conversation, l’inspecteur Garraty a déclaré aux journalistes, prévenus on ne sait comment, qu’un homme mutilé avait été retrouvé dans un bois et qu’on n’en savait pas plus pour le moment. « …La police fait son enquête. Merci. Au revoir… »
Chap. III
Pour Tania qui pensait avoir trouvé une petite ville calme, l’annonce de cette découverte macabre fut assez surprenante. D’après les archives du journal, il n’y avait pas eut de meurtre dans cette ville depuis 1946, quand un militaire s’aperçut que sa femme l’avait trompé avec un allemand pendant son absence : il avait jeté sa femme par une fenêtre depuis le 4ème étage ! Enfin, comme disait sa mère, «les gens deviennent fous de nos jours ! ».
Quant à son voisin, elle l’avait suivi, un matin, pour voir s’il travaillait ou s’il était toujours étudiant. Il s’était avéré être étudiant. Sur le campus, il s’était dirigé droit vers l’école d’ingénieurs, avant de disparaître dans ce sombre bâtiment. Puis Tania avait rejoint son travail, un peu en retard. Ainsi, pensait-elle, s’était un de ces intellos dont les seules préoccupations étaient les études et l’informatique. Dommage, elle qui pensait voir en lui un homme mystérieux qui avait quelque chose à cacher !
Pourtant, quelques jours plus tard, elle ne put s’empêcher de lui parler quand elle le croisa dans la cour intérieure qui séparait leurs deux immeubles. Il fut plutôt étonné que quelqu’un lui adresse la parole, et semblait pressé de mettre fin à leur conversation :
_Salut !
_Heu… Salut.
_J’habite dans cet immeuble depuis peu. Je ne t’avais jamais vu auparavant. Tu habites là aussi ?
_Heu, oui…
_Y’a pas beaucoup de jeunes ou d’étudiants dans le coin. C’est un peu mort, non ?
_Oui, un peu. Mais je ne sors pas souvent.
_Ah ? Bon, ben… Je vais te laisser !
_Oui. Salut.
_Salut !
« Pas très causant ! » pensa-t-elle. En plus, il avait l’air totalement gêné qu’elle lui ait adressé la parole. En fait, cette timidité si prononcée lui apportait un certain charme, auquel Tania n’était pas indifférente. Maintenant qu’elle l’avait vu de près, elle le trouvait même mignon…
12:11:09
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18/06/06 .
l.sage
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397 mots . 31 vues . Mes écrits
Stéphanie
Et bien oui, ce qui m'a coupé dans mon élan vampiresque, c'était bien une demoiselle: Stéphanie. J'ai écrit ca pour elle:
L'histoire de Stéphanie est classique. D'ailleurs il n'y a pas d'histoire. C'est une petite fille sage, qui ne boit pas, qui ne fume pas, qui parle peu et qui parait renfermée car elle est toute timide. Je dirais plutôt fausse timide car il faut la connaître un peu avant qu'elle n'ouvre la bouche et qu'elle se mêle aux conversations. Par contre, dès qu'il s'agit de parler d'elle ou de cœur, elle devient toute rouge et regarde ses pieds. C'est d'ailleurs cette timidité qui fait tout son charme... en plus de son joli visage !
Elle est plutôt petite, elle a une voix charmante, bref elle est toute mignonne, toute mimi, toute ??? Et moi ça m'émoustille, ça me rend tout !!! Elle me fait penser à ces belles poupées de porcelaine que l'on peut voir dans les vitrines et qu'on ne veut pas toucher par peur de les abîmer ou de les casser.
C'est étrange, mais j'ai envie de lui tenir la main, mais sans la serrer, en l'effleurant à peine du bout des doigts, par peur de la faire fuir ou de paraître trop présent. J'ai envie de l'embrasser mais sans la toucher, en déposant sur ses lèvres un baiser pareil à une légère caresse qui ne dure pas mais qui semblerait pourtant être une éternité de bonheur...
Seulement, pour une fille bien comme elle, je dois paraître marginal avec mes grands cheveux, mon bouc, mes pseudo-poêmes, mon amour pour ma voiture, ma facilité à m'exprimer (ma grande gueule, oui), et mon allure... Donc je fais très attention à ce que je dis, à ne pas la mettre dans l'embarras, à ne pas être brusque,...
Je tiens beaucoup à elle, mais je ne sais si j'oserai le lui dire un jour... De toute façon, je sais qu'elle me repousserait, une fille comme elle ne peut pas tomber amoureuse d'un type comme moi. Il est inutile de forcer quelqu'un à vous aimer... et essayer de forcer Stéphanie ne ferait que produire l'effet inverse. Me voilà donc condamné à rester une fois encore seul.
Je ne sais pas si elle l'a gardé, et comme un idiot j'ai oublié de le lui demander le week end dernier...